jeudi 15. octobre 2026
Nexus #05 - NewsLetter du 27 juillet 2026
Inaugurons ce nouveau numéro par un souffle nouveau, qui le courbera vers une forme plus épurée, moins emphasée comme dirait Denis. Un champ condensé où se loge une sélection de nouvelles, identique aux Terrasses de Thierry Crouzet. Des articles, des vidéos, des publications scientifiques qui ont attiré l’attention de votre humble serviteur, sur différents domaines. Ces lignes ne seront pas uniquement une prise de pouls de notre époque, mais également un point d’appui pour commenter, élaborer un pensée ou défendre ce qui doit l’être. Bonne Lecture !
“L’univers n’évolue pas dans le temps; le temps est plutôt le modèle selon lequel les informations de l’univers évoluent.” Neukart
Cet hiver, une bombe a soufflé tout présupposé que nos civilisations avaient au sujet du temps. Jusque-là pensé comme une dimension hyperliquide s’écoulant dans le sens d’une immuable flèche, il demeurait dans les esprits aussi solide qu’une horloge obsidienne, mais si éthéré que sa nature et son fondement échappaient à toute tentative de conceptualisation.
Puis, il y eu cette succession de publications, qui opérèrent comme des frappes massives, qui fissurèrent les certitudes. Tout prend pied à partir du mécanisme de Page-Wotters, qui conçoit l’existant intriqué à l’Horloge Quantique, laissant le temps émerger des différentes interactions, même à l’echelle macroscopique.
Le 14 novembre dernier, les équipes de Natalia ARES, éminente physicienne de la Thermodynamique, publièrent les premiers résultats d’une expériences démontrant que la mesure (et son irréversibilité), l’observation, et donc l’effondrement de la fonction d’onde donneraient sa direction au temps.
Un mois plus tard, c’est Florian NEUKART qui apporta une nouvelle pierre à l’édifice, comme continuation à étayage de celui-ci. Dans sa publication il évoque son modèle QMM (Quantum Memory Matrix), où l’espace-temps émerge d’un réseau de cellules mémorielles quantiques, où chaque cellule stocke des impressions quantiques, et où la structure globale émerge des corrélations entre cellules.

Par analogie, une cellule QMM serait un neurone (qui stocke et transmet l’information), l’impression quantique une synapse (connections de neurones), le réseau QMM le cerveau (où émerge de l’activité collective des neurones), et le Champ Ta le flux de conscience.
L’article couple ce modèle à une géométrie particulière, la GID (Géométrie-Information Duality) qui, par l’Entropie Informationnelle (Sinfo) et le champs temporel (Ta), établie que la courbure de l’espace-temps est déterminée par la distribution d’information.
Enfin, en janvier dernier, il scella sa toile dantesque par une ultime fragmentation. Un article publié dans The Conversation qui assène une conviction :
[…] Le temps n’est pas quelque chose ajouté à la physique à la main. Cela se produit parce que l’information est écrite dans des processus physiques et, selon les lois connues de la thermodynamique et de la physique quantique, ne peut plus être réécrite à l’échelle mondiale. L’idée est simple mais de grande portée.[…]
[…] Chaque interaction, comme l’écrasement de deux particules, écrit des informations dans l’univers. Ces empreintes s’accumulent. Parce qu’ils ne peuvent être effacés, ils définissent un ordre naturel des événements. Les États antérieurs sont ceux qui ont moins de dossiers d’information. Les États ultérieurs sont ceux qui en ont le plus.[…]
[…] Les régions qui ont accumulé davantage d’empreintes informationnelles réagissent plus fortement au mouvement et à la courbure, augmentant ainsi efficacement leur gravité.[…]
[…] De ce point de vue, la matière noire, l’énergie noire et la flèche du temps peuvent toutes provenir d’un seul processus sous-jacent : l’accumulation irréversible d’informations.
Alors, vous le savez, j’ai toujours pensé la vie, l’expression du Vivant, de la plus indicible corde atomique jusqu’aux rouages infinis des Multivers, comme processus alchimique transformant du temps en expériences. Comment ne pas voir un écho avec ces récentes publications ? Mon esprit ne peut s’empecher d’être happé par des considérations nouvelles. Dans l’Univers-Bloc le temps serait une illusion perceptive (Maya?). Pour le panpsychisme, l’information s’apparenterait à une forme de proto-conscience. Aux yeux de IIT, la conscience serait un processus de navigation dans Ta. Et, nous pouvons voir dans les états modifiés de conscience par psychédéliques une déstabilisation de Ta, permettant un acces non-linéaire au temps, en plus de rendre accessible de nouveaux espaces et Agents comme le suggère Andrew R. Gallimore pour la DMT.
Mais, il est encore plus fascinant d’imaginer le métabolisme cellulaire comme processus de compression/décompression d’information. Où l’ATP serait la monnaie d’échange, l’ADN/ARN le stockage et les protéines les programmes exécutants.
Et si, enfin, les modifications épigénétiques étaient des marqueurs de l’histoire informationnelle de la cellule ? Où l’augmentation de méthylation (induit par un stress cellulaire) engendrerait une compression d’information (réponse de survie). Et où, une hausse de l’acétylation (permise par un milieu enrichi) permettrait une plasticité informationnelle.
Dernièrement, Ego, un jeune et talentueux YTeur, a créé la sidération. Lors de sa dernière vidéo “Comment comprendre le langage des aliens ?”, arrivé aux deux tiers de celle-ci, il opéra un magistral plot twist. Une rupture radicale avec sa ligne éditoriale, qui jusqu’alors était vecteur de pédagogie s’est muée en un savant et inespéré plaidoyer pour la défense du Vivant. A la face de son auditoire, avec une fermeté et une détermination exemplaire, il prit fait et cause pour ceux que Sapiens broie, exploite et massacre, éhontément, froidement, pour ces milliards d’êtres sentients, doués d’un monde intérieur, d’une sensibilité et d’une conscience sacrifiés sur l’autel de l’anthropocentrisme et d’une folie sans borne.
Pour tout militant de la cause animale rien de nouveau. Ego, finalement, ne fait que rappeler les évidences. Pourtant, cet uppercut, cette tentative de KO, cette ébauche d’électrochoc renferme un courage monstre. Lors des Geek Fearies de 2018, présent en qualité de personnel du dispositif de secours, j’avais eu l’occasion d’échanger avec LinkTheSun, et lui apporter tout mon soutien, alors qu’il était au centre d’un shitstorm surréaliste à la suite de la sortie de son Point Culture sur le Veganisme. Je pouvais ressentir à quel point cette tempête, intérieurement, le dévastait.
Mais, Ego a su imposer un réveil que beaucoup espéré. Contrairement aux précédents avocats publiques du Vivant comme JihemDoe, MagicJack, et à la masse oeuvrant dans l’ombre (incluant votre serviteur) qui subirent de plein fouet les constantes déversés d’hostilités, de diffamations, de médiocrités et de mensonges, le discours du jeune YTeur n’a fait naître aucune opposition, l’adhésion fut complète.
Ce tour de force fut permis par un singulier et puissant vecteur, Ego lui-même. Quiconque a vu ses vidéos sait leur densité, leur disruption et leur grande rigueur. Leur auteur dissèque chaque thème de façon méthodique, neutre, détaillée, irréprochable, et implacable, le propulsant comme référence du YT-Game, une figure que l’on écoute attentivement. Une autorité tissée, une raison indiscutable couplés à l’insoupçonné et à l’effroi qui ébranlèrent, le temps d’un instant, un pilier porteur du vieux monde. Voilà une brèche qui, je l’espère, appellera d’autres influenceur.euse.s à suivre cet exemple, pour eux.
Un autre point important qui a traversé l’actualité fut celui d’un rappel : Chaque année 194 millions d’oiseaux et 29 millions de mammifères sont percutés par des véhicules. Un massacre si banal, si ancré qu’il s’est mué en fatalité, comme indispensable, comme négligeables dégâts collatéraux. Face à l’indifférence générale Mr Mondialisation, lors d’un article, exposa une jeune association militant contre cette folie.
Les propositions de “Routes Vivantes” restent nécessaires mais consensuelles (former les conducteurs, adapter les infrastructures, créer des passages à faune, améliorer la signalisation ou encore réduire la vitesse dans les zones sensibles). Nous connaissons la nature “humaine”, nous connaissons son mépris à l’égard du Vivant, et nous savons que toute la pédagogie du monde et qu’un torrent de panneaux n’auront, tristement, que peu d’effet sur les réseaux neuronaux anthropocentrés des individus peuplant notre espèce. Nous savons que tous préférerons pleurer leur pare-choc plutôt que l’être vivant agonisant sur le bitume froid et baignant dans son sang.
Ces mesures doivent se coupler à d’autres plus coercitives, comme l’installation sur toute voiture produite de dispositifs signaux ultra-son. Une réglementation pourrait exiger leur présence à proximité des routes, en plus d’autres dispositifs, permettant d’éloigner les mammifères.
En mars dernier, sortait une étude qui fit grincer certains des dents jusqu’au morcellement. Elle établit que la régulation de “nuisibles” ne réduit ni les populations, ni les dégâts économiques et pourrait même augmenter les risques sanitaires.
Confirmant ce que, d’instinct, nous nous époumonons à dire : La régulation létale doit être abandonnée pour des méthodes préventives non-létales (répulsifs, systèmes de dissuasion, pièges non-létales, etc).
Tous les YTeurs ne se valent pas. Alors qu’Ego étudie et traite minutieusement ses problématiques, d’autres comme un célèbre YTeur franco-russe pourfend un sujet qu’il n’a même pas dénié investiguer sérieusement, en dehors de ses shorts Tic-Toc et de ses préjugés. N’en déplaise à cet individu, et aux autres réactionnaires bornés, le domaine de la Viande Cultivée ne cesse de progresser.
Dès lors, n’abordons pas la récente étude publiée dans le domaine, faisant état d’une méthode innovante pour reproduire la texture fibreuse et anisotrope de la viande entière dans les analogues à base de protéines végétales, en utilisant le filage humide (wet-spinning) combiné à des protéines de fève (FPI) et de l’alginate de calcium.
D’ailleurs, un prochain article incluant ce sujet est en élaboration par votre serviteur. En attendant, n’hesitez pas à jeter un coup d’oeil au précédent, nommé Viande 2.0.
Pour le domaine du développement personnel, au détour d’un récent article sur son blog abordant le sujet “Comment trouver du sens dans son travail”, Christophe ALLAIN tissa une allégorie séduisante, celle de la “théorie des pâtes et du basilic”:
Les pâtes vous nourrissent. Elles sont consistantes, fiables, constantes. Mais seules ? Fades.
Le basilic ne vous nourrit pas. Il est léger, parfumé, plein de saveur. Mais on ne peut pas vivre de basilic.
Ensemble, ils forment quelque chose de nourrissant et de savoureux.Dans le contexte de votre vie, les pâtes représentent votre travail — l’activité qui vous permet de vivre financièrement et d’occuper votre temps. Le basilic représente le sens — ce sentiment personnel de la valeur que vous apportez à ce que vous faites. L’erreur que commettent la plupart des gens, c’est de chercher un plat déjà assaisonné. Ils veulent un emploi qui soit porteur de sens en lui-même, sans réaliser que la saveur doit d’abord venir d’eux.
« Le sens doit venir de vous. L’activité que vous exercez doit correspondre à ce que vous savez faire et à ce qui vous apporte un revenu. Mais le sens, ça, c’est à vous de le trouver. »
Le basilic, ça ne se délègue pas. Il faut le cultiver soi-même.
Depuis des années nous sommes les témoins tristes de la mort lente de nos centres-villes. Leurs commerces hypoxiés par les grands centres commerciaux demeurent un maillage social essentiel au local. Symboliquement, nous nourrissons ce qui nous entoure et notre environnement nous nourris, physiquement et humainement.
Parmi ces connections, souvent dénigrés, les bar-tabacs et les brasseries restent de mini-agoras, les points névralgiques de cette toile vitale. Pour s’en rendre compte, Hugo SUBTIL, rédigea une étude démontrant la corrélation directe entre la fermeture des bars-tabacs et la montée du vote Front National. Ce dernier faisant écho à un plus ancien rapport de la Fondation Jean JAURES, sur les “Micro-Comptoirs” comme patrimoine vivant au coeur de la société française, lieux de brassage et miroir aux mille visages.
C’est indiscutable, pour Saint JMJ et ses adeptes, l’Uranium enrichi est l’horizon indépassable, l’unique possibilité énergétique envisageable. Malgré tout, sans aborder la fragilité de son approvisionnement (et des milliards absorbés par l’incurie et le vide, merci Anne), d’autres modes de productions énergétiques restent pertinentes : marémotrice, H⁺ vert, fusion, Power-2-X, biomasse/biogaz, etc.
Leurs opposants invoqueront l’urgence. Cette urgence qui inhibe toute planification et toute projection, qui obligerait de déployer un nombre massif de centrales nucléaires conventionnelles (fission U235). Pourtant, cette hiver la Chine a clairement ouvert une autre voie en développant leur parc nucléaire alimenté en Thorium, et annonçant dernièrement avoir réussi à faire fonctionner un de ces réacteurs à sel fondu de façon continu.
Mais d’ici, j’entends déjà l’habituelle mauvaise foie résonner sur l’évidence. N’ayez crainte, un article est également en préparation.
Les études citées ici ne sont pas des appels à l’expérimentation. La législation en vigueur s’applique, et chaque lecteur en assume la responsabilité.
Sur la scène des Psychédéliques un mystère a émergé. Celui d’un troublant champignon présent en Asie qui induit des hallucinations particulières. Par l’ingestion de Lanmaoa asiatica, ses consommateurs témoignent, tous, de voir des lilliputiens.
Un article de l’Utah Muséum a posé une première approche culturel et historique, rappelant une chose troublante, qui fait la particularité de ce champignon : aucun composé hallucinogène connu n’est présent dans ce bolet.
Malgré tout, une hypothèse, que je soutien, semble révéler la nature de ce paradoxe (oui, habituellement, aucun bollet n’a d’effet psycho-actif). Apres une analyse qualitative/quantitative biochimique effectuée par HPLC-MS/MS (Chromato couplée à de la spectro de masse), il a été identifié différents metabolites. Parmi eux, le 5-MTP, un élément endogène intermédiaire jusqu’alors étudié pour ses propriétés sur le cancer (par l’inhibition de COX-2). Mais, par ses voies métaboliques, le Lanmaoa asiatica initiant la production à la hausse de 5-MTP (en plus de l’A. protocatéchique, etc), par perturbation de l’homéostasie du SNC modulant la voie métabolique du tryptophane peut provoquer des troubles neuropsychiatriques. Alors, il n’est pas délirant de penser que, peut-être, cette hausse de 5-MTP, proche structurellement des tryptamines psychédéliques, puisse, par altérations successives (phosphorylation, etc), permettre une affinité à certains récepteurs sérotoninergiques.
Affaire à suivre…
Jules Evans, de la newsletter EcstaticIntegration, a retranscrit les impressions de Bryan Johnson après son dernier trip sous psychedeliques. Une expérience qui semblait l’avoir ébranlé dans les fondements de son existence.
‘Je réalise maintenant à quel point j'étais un vrai connard [..] Mais maintenant je ne serai plus jamais le même.’
Quelle chose psychopathe, sans empathie, raciste, tordue et connasse de la part d'Elon Musk. Cela me rend malade d’avoir soutenu ces voyous MAGA-MAHA, simplement parce qu’ils ont réduit les impôts et fait des bruits encourageants à propos des psychédéliques et du biohacking. De combien d’argent supplémentaire avais-je vraiment besoin ? En guise de repentir, j’ai maintenant l’intention de donner 95 % de ma fortune de 400 millions de dollars aux enfants touchés par la fermeture de l’USAID. Si je peux prolonger leur vie et réduire même légèrement leurs souffrances, j’aurai été remboursé 100 fois.
Je tiens avant tout à m’excuser auprès de vous, le monde, pour mes interminables pitreries en quête d’attention. J'étais accro à l'attention. Peu importe le médicament que je prenais, tout cela n’était qu’une ruse pour attirer l’attention. Je pensais que si j’avais l’attention de milliers de personnes, cela comblerait d’une manière ou d’une autre le vide dans mon âme. Mais maintenant, grâce à cette dernière expérience psychédélique, je m’accepte vraiment, telle que je suis. Je me soucie vraiment de plus que de mon corps, de ma réputation, de mon ego.
N’hesitez pas à consulter l’intégralité de ces confessions, sur l’article d’EcstaticIntegration.
Alors que je bouclais mon dernier Nexus, où il était question de la sortie du livre de Zoë Hababou sur son expérience avec le Bufo Alvarius, et où j’invoquais la nécessité du recours à la chimie, au même moment, le 10 juin dernier, l’ANSM venait de criminaliser sept tryptamines synthétiques, incluant le 5-MeO-DMT.
Une décision délirante, sachant qu’aux quatre coins de la planète le nombre d’études établissant des bénéfices majeurs sur bon nombre de pathologies critiques ne cessent de croître de façon exponentielle et que leur DL50 est une des plus basse (comparé à l’alcool, le tabac, etc). Les raisons cités seraient une augmentation de leur consommation, et “des cas d’intoxications graves, dont un décès (survenu après la consommation de plusieurs substances en même temps)”.
Nous vivons dans un pays fascinant, où ses institutions incapables de produire une quelconque pensée se vautre, inlassablement, dans leur plus précieuse et éternelle répression bornée. Cette même répression qui enfante directement les problématiques qu’ils dénoncent. Contraignant les usagers à braver la légalité pour dénicher un produit dont la pureté et la concentration est intraçable et sans réelle garantie. Une hypocrisie poussée à son climax.
Dans leurs innombrables réflexes reptiliens ces sachants préfèrent courageusement occulter toute remise en question, tout cadre légal qui permettrait des lieux de retraites où le Set&Setting serait roi, où les substances psycho-actives proposées seraient sures (pures et sans contaminant), où toutes les contre-indications seraient prises en compte.
D’ailleurs, un excellent article de TheraPsychedelics révèle une étude décortiquant près de 300 organisations proposant des retraites psychédéliques. Elle fait état d’une certaine variabilité dans la sécurité, dans le suivi et l’accompagnement. Lors de mon dernier Nexus, alors que je tissais une utopie, j’avais imaginé les contours d’une formation obligatoire pour ces encadrants : Des années de diets et travail avec les plus grands pajés de la planète, une formation solide aux bases de la médecine d’urgence, et un bagage suffisant en psychologie et psychiatrie. Ce à quoi il serait élémentaire d’établir un filtrage médical (dans les cas de contre-indications), l’arrêt de traitement si besoin, l’obligation pour ces centres de matériel d’urgence (pour gérer syndrome serotoninergique, convulsions, etc), et des audits réguliers (comme l’ANSM ou le COFRAC le font pour les laboratoires).
Credit : Brian McMahon
Ce dernier espace n’est pas à destination des profanes. Il est rédigé pour ceux qui savent ce que signifie pLZDonor sans avoir à chercher sur Qwant, pour ceux qui ont déjà maudit un Western Blot ou pleuré devant un gel d’agarose raté. Très chér.e.s confrére.soeur.s accrochez-vous à vos blouses, on plonge.
Cas12a, ce couteau suisse de l’édition génétique, nous avait déjà gâté avec son activité RNA-guided. Mais là, les choses sérieuses commencent : une version DNA-guided, capable de cibler de l’ARN avec une précision chirurgicale.
Un tour de force que nous devons à Rodrigo Fregoso Ocampo et son équipe, qu’ils publièrent généreusement en mars dernier.
Alors, le truc ? Le ΨDNA forme une épingle à cheveux qui mime le PAM, positionne l’espaceur pour un hétéroduplexe ARN-ADN parfait le long du lobe REC.
Et le clou : même avec un PAM non canonique (AGAT au lieu de TTTN), ça marche. À condition que l’épingle tienne debout. Preuve que Cas12a, décidée à tout cibler, se plie à toutes les fantaisies nucléotidiques.
AlphaFold avait vu juste. La nature, encore une fois, détournée. Et le CRISPR, toujours plus loin dans le hack biologique.
Gaut et ses collaborateur.trice.s ont réussi un exploit : une cellule synthétique, chimiquement définie, capable de cycles complets. Le tout dans un liposome, avec une touche de génie moléculaire pour l’alimentation (αHL taguées His + lipides Ni-NTA) et la division (crowding de protéines membranaires, streptavidine, et puis, ça se scinde).
Les promoteurs T7Max ? Ils boostent l’expression d’αHL, ce qui booste la fusion avec les vésicules nourricières, ce qui booste la croissance, ce qui booste le nombre de descendants. Darwin en qPCR. Cinq générations de cycle cellulaire validées, avec FRET, generation counters et RT-qPCR pour tracer chaque étape.
La vie sans un seul ribosome naturel, sans un seul cytosquelette…
Le 16 juillet dernier, Moderna franchit une nouvelle étape en oncologie avec le premier dosage de mRNA-4200 dans un essai clinique de Phase 1 (NCT06880549).
Une thérapie off-the-shelf ciblant les tumeurs solides avancées ou métastatiques via l’encodage de sept antigènes tumoraux partagés, conçus pour induire et amplifier les réponses des Lc T contre des cibles sélectionnées, en combinaison avec des inhibiteurs de checkpoints immunitaires (ICI).
Moderna, après le mRNA-4157 (vaccin personnalisé + Keytruda) et le mRNA-4359 (anti-KRAS G12D), confirme ainsi son ambition de faire de l’ARNm une plateforme thérapeutique universelle en oncologie, capable de s’attaquer à l’hétérogénéité tumorale sans sacrifier la scalabilité industrielle.
jeudi 15. juin 2023
"Toute révolution franchit systématiquement trois étapes : D'abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence." Arthur Schopenhauer
Notre époque s'est muée en un gigantesque champs bouillonnant, où sans cesse surgissent et se multiplient prises de conscience, désir de changements, prodigieuses innovations et souhait de rupture à l'existant. En ses fondations, de substantielles lignes de forces s'estompent, se constituent, s'effacent, se raniment, se renforcent, s'entre-mêlent et se brisent, révélant l'obsolescence de son vieux monde qui, peu à peu, s'effrite pour céder la place à une inévitable métamorphose radicale de notre façon de produire, consommer et penser. Parmi ce vivier de révolutions émergentes, une retiendra, ici, particulièrement notre attention: la viande cultivée.
Le sujet sera vecteur de rire et de rage par les chasseurs, les réactionnaires ainsi que pour les apôtres de la mort industrialisée. Aveuglés par leur soif de souffrance, à cette opportunité de changement ils n'y verront qu'un non-sens, pire, un éminent danger à annihiler.
D'autres, plus perfides, saturant jusqu'à leurs sommets les mondes du New-Age et de l'écologie, tristes démiurges du faux-semblant, surjouérent la désolation face aux forêts par les flammes ravagés, de voir la Terre et son écosystème éventrés et pillés, Ils n'eurent de cesse que d'étaler leur désespoir face à l'ignominie d'un règne animal broyé. Affichant avec force leur soutien aux militants de la cause animale, et se prétendant, particulièrement, connectés au vivant. Alors qu'en off, loin de toute caméra, nous fûmes témoins de leurs dégueulées de haine à l'encontre des animalistes, antispécismes, vegans et autres "carencé.e.s", "dégénéré.e.s", "extrémistes" ou "infesté.e.s de basses énergies". Nous vîmes ces quelques éveillé.e.s surplombant le commun s'enorgueillir d'avoir convaincu leurs compagnes, jusqu'alors végétarien.ne.s, de revenir à une consommation assidue de chair animale. Dès lors, nous savons que, quelque soit la substitution proposée et sa qualité, ces fabuleux personnages, feindront le trop, le pas assez, useront de leur habile mauvaise foi afin de rejeter toute innovation qui, de près ou de loin, s'attaquerait à leur petit plaisir gustatif, même s'il est bâti sur une montagne de cruautés et d'abominables fleuves de détresses.
L'hypocrisie atteint son climax quand l'aveux s'entremêle à la fierté de prier, non pas afin de témoigner de sa gratitude auprès d'une quelconque entité éthérée pour le repas permis, quel qu'il soit, mais, par "compassion" à l'animal qui "a donné sa vie" pour fournir la sacro-sainte bidoche dans leur assiette. Aucun wishfull thinking, aucun pseudo-principe karmique fantasmé, ne pourront gommer la réalité selon laquelle tout être vivant aspire, intrinsèquement, à vivre. Aucune "meilleure" condition de vie, aucune lâcheté ne pourront jamais absourdre, atténuer ou justifier les vies arrachées. Même si vos mains jointes sont indemnes de tout sang, vos corps, eux, restent engorgés de cadavres et de mort.
A leur contact, nos espoirs en notre espèce auraient pu se désagréger. Heureusement, nos chemins de vie nous ont permis de rencontrer, en ces mêmes sphères, loin de toute notoriété, des êtres humains qui se sont vu aspiré par l'appel d'une quête intérieure extrême avec les peuples premiers et leur medicina, s'isolant pendant des années au cœur de la Selva ou au fin fond de la Toundra, afin d'embrasser une expérience initiatique puissante et périlleuse, leur permettant de vivre une véritable communion avec le vivant, dans toutes ses manifestations, minérales, végétales, animales, et d'intégrer, jusqu'à dans leur chair, la nécessité sine qua non de tout faire pour les préserver. Par la parole et l'action, à travers leurs choix alimentaires, leur mode de consommation et leur pensée, ils se sont joints aux rangs de ceux qui ressentent une empathie envers la vie et que vous qualifiez de "dégénéré.e.s" ou d'"extrémistes". Ils ont eu le courage de se confronter à leur dissonance cognitive avant de la briser.
Alors, vous l'aurez compris, mon plaidoyer tentera de servir au mieux ceux qui n'ont pas la parole, qui n'ont que la peur et les cris de désespoir. Ceux qui vivent dans l'enfer que notre prétendu humanité a enfanté, cerné de caillebotis, de ferrailles, de barrière, de tôle, d'infernale chaleur, de concentration et d'hypoxie. Tous ceux qui, non humains, dotés d'une conscience, d'émotions et de nocicepteurs, sont jetés dans un couloir de la mort trop tortueux pour permettre un retour en arrière, poussés dans une salle où les crânes sont fracassés à la chaîne, où les gorges et les carotides sont tranchées presque mécaniquement, de façon incessante. Jusqu'à l'agonie et le dernier battement de cœur.
En m'adressant à mes contemporains qui ont suffisamment cheminé pour comprendre l'ignominie de la viande conventionnelle et tout l'enjeu que la viande cultivée permettrait, je ne cherche pas à les convaincre, mais à leur fournir toutes les avancées sur le sujet afin de renforcer leur choix de se détourner de ce triste massacre de masse.
S'obstiner à nourrir cet ogre dantesque, nous le savons, contribue à précipiter une imminente tragédie environnementale. Sa voracité ne cesse de croître, rongeant jusqu'à l'os notre écosystème. Pris par un déni collectif et guidées par des striatums en roue libre, nos sociétés restent crantés à une délirante production de viande conventionnelle qui demeure les facteurs majeures à l'augmentation de gaz à effet de serre, à une curée insoutenable en eau et en céréales, ainsi qu'à une tragique déforestation, incluant le "poumon de notre planète", la forêt Amazonienne.
La viande cultivée se propose de nous extirper de ces folies amorales et écocidaires. Pour le comprendre, des préjugés doivent être dépassés, et des évidences rappelées: La viande cultivée n'est pas un énième simili, elle n'est ni plus ni moins que de l'authentique viande. Or, contrairement à la viande conventionnelle, celle-ci est décorrélée de toute mise à mort ou quelconque forme de barbaries. Cultivée in-vitro, transposant à l'identique les mécanismes cellulaires et biochimiques se déroulant à l'intérieur du corps de l'animal, elle permet de produire les mêmes éléments qui constitue la viande conventionnelle, majoritairement constituée de cellules musculaires, graisseuses et de tissus conjonctifs.
Son procédé pourrait se résumer, de façon non-exhaustive, à ces quelques étapes: Le prélèvement de cellules souches (CS) par méthode mini-invasive sur un animal ou un oeuf, ces CS seront triées puis stockées dans une banque de cellules. De là, des fibroblastes, myoblastes, cellules mésenchymateuse ou iPSC (CS Pluripotente induite) pourront être sélectionnées et déposées dans des cultivateurs (aussi appelés bioréacteurs) pour se multiplier exponentiellement. Dedans, tout y sera contrôlé, l'apport d'oxygène, la température, le pH, les niveaux des métabolites ainsi que l'approvisionnement de milieu nutritif. Ces milieux nutritifs délivrant aux cellules du glucose, des sels inorganiques, des acides animés, des facteurs de croissance (nous en reparlerons plus bas), des lipides et antioxydants, fournissant les nutriments nécessaires à leur prolifération ou différenciation. Enfin, une dernière étape non-systématique, l'échafaudage de matrice extra-cellulaire fournissant aux cellules un support structurel pour s'y adhérer, se différencier ou mûrir.
Cette mise en abîme des processus de culture de la viande cultivée, je le sais, précipitera une déversé d'indignations, d'appels à l'ignominie, à l'impensable par certains, obsédés de ses caractères "artificiels" ou "de laboratoire". A eux, rappelons à quel point nos frigos, congélateurs, garde-manger et, de facto, nos assiettes, en artificialisation sont déjà saturés. Tous ces lieux, locaux ou industriels, du laboratoire à l'usine en passant par la petite exploitation, intégrant les principes de contrôle qualité, d'hygiène, de pasteurisation, de stérilisation, de transformation et de conditionnement, permirent à nos sociétés d'avoir accès à une nourriture sécurisée de tout danger bactérien et autre. A cet égard, la culture cellulaire de viande est, peu ou prou, similaire aux processus de brassage de la bière ou de culture de spiruline.
De tous les fléaux qui menacent notre civilisation, l'antibioresistance est l'un qui, de jour en jour, enfle dramatiquement. Nous la savons étroitement liée au domaine de l'agriculture animale, et plus particulièrement à l'élevage intensif. Cette seule activité concentre près de 70% des antibiotiques utilisés. La viande cultivée serait une voie prometteuse pour endiguer ce malheur qui nous frôle et promet de nous emporter.
Le champ de Biopharma nous démontre qu'une production sans antibiotique avec des taux de contamination de lots très faible (2%), affirmant une contamination contrôlée avec succés dans l'écrasante majorité des cas, demeure possible. Cette capacité puissante d'asepsie doit être adaptée à la culture de viande en abandonnant les techniques classiques de stérilisation thermique ou par irradiation, qui ont un impact direct sur le processus de création de la matrice extracellulaire, au profit de techniques plus adaptées telles que l'utilisation d'iode, de plasma gazeux, d'ultraviolets ou de lyophilisation. Pour incarner cette faisabilité, GoodMeat, par exemple, a déjà produit sa viande cultivée sans antibiotiques (et sans OGM), ainsi que Bio. Tech. Foods qui a annoncé que ses adipocytes étaient exempts d'antibiotiques.
Toutefois, une utilisation acceptable d'antibiotiques reste envisageable pour la culture de viande. Une possibilité acceptable par son usage, éventuel, suffisamment étriqué lors, seulement, de la phase de pré-production (voir schéma), pour l'isolement cellulaire et le développement de sa lignée. Permettant des quantités minuscules et des temps d'exposition assez court aux antibiotiques, contrairement aux volumes administrés et aux mois de vie de l'animal au contact répété d'antimicrobiens pour la viande conventionnelle. Même si la tendance montre clairement un emploi dénué d'antibiotique par la majorité des acteurs de la viande cultivée, leur recours, relativement en marge, reste, intrinsèquement, une éventualité à impact minime.

La question des hormones est également cruciale. La consommation de viande conventionnelle induit l'ingestion d'un lot d'hormones présent naturellement dans le morceau d'animal abattu. Nous avons, plus haut, évoqué l'existence de facteurs de croissance dans les solutions nutritives de la viande cultivée. Ceux susceptible d'être les plus utilisés seraient les FGF2, IGF1, NRG1, PDGFB, EGF, TGFβ pour les facteurs de croissance, et l'albumine, la transferrine, l'insuline pour les protéines recombinantes.
Précisons leur portée en nous appuyant, par exemple, sur l'ontologie du FGF (Fibroblast Growth Factor). Protéines de signalisation produites par les Fibroblastes présents dans les tissus conjonctifs de n'importe quel morceau de viande conventionnelle. Leur durée de vie dans l'organisme est d'environ huit heures, et leur thermolabilité permet une forte baisse lors de la cuisson. De plus, ces éventuelles protéines restantes seraient dégradées lors de l'ingestion, par l'estomac. Cependant, ces facteurs de croissance ayant un coût financier non-négligeable, Andrew J. Stout et son équipe ont tout récemment publié leur premier essai concluant et prometteur de viande cultivée grâce à un principe de signalisation autocrinienne (par la conception de Immortalized Bovine Satellite Cells (iBSCs)), bypassant toute nécessité de FGF2.
De là, il est utile de rappeler que si les facteurs de croissance se situent dans les tissus de la viande (cultivée et conventionnelle), d'autres molécules produits par les glandes (pour le cas de la vache, par exemple), des hormones circulantes dans le sang pour influer sur le développement de différents tissus, ne se trouvent donc qu'exclusivement dans la viande traditionnelle.
Pour résumer, tous les éléments actuels, et les dernières avancées, semblent révéler que la viande cultivée commercialisée contiendra moins d'hormones que celle d'une vache nourrie à l'herbe.
Même si nos aspirations en la viande cultivée resteront indéfectiblement mus par ses intrinsèques considérations éthiques, comme moyen de lever les cruautés sans nom infligés au règne animal, nous ne pouvons occulter ses effets positifs sur notre actuelle aporie environnementale. Rien que pour la production de viande bovine, passer en viande cultivée (en utilisant de l'énergie décarbonnée) réduirait potentiellement son émission de gaz à effet de serre de 92%, nécessiterait jusqu'à 90% de terres en moins et demanderait 66% moins d'eau. Un autre non-négligeable effet de bord serait celui de faire diminuer significativement les risques de zoonose, que nous savons majoritairement liés à l'élevage intensif, car la viande cultivée ne requerrerait pas les folles concentrations d'animaux que nous connaissons.
Ce domaine naissant s'accompagne de son effervescence, de son flot de progrès qui avance à une vitesse vertigineuse, mais également de ces défis à relever, d'optimisations, d'accessibilité du produit et de pédagogie pour contrer les préjugés ou les fausses informations. Il est regrettable de constater la diffusion de publications sensationnalistes et délirantes sur les réseaux sociaux, affirmant sans vergogne que la culture cellulaire de viande repose sur des cellules cancéreuses, une absurdité sans nom et une manipulation grossière basée sur la déformation du concept d'immortalisation cellulaire. Heureusement, cette idée a été indéniablement réfutée, comme l'a démontré de manière éloquente Eliott Swartz, et soutenue par les conclusions des 23 experts internationaux de la FAO qui ont réaffirmé l'innocuité totale de la consommation de viande produite à partir de cellules initiales, comme les iBCSs, par exemple.
Mes camarades antispécistes critiqueront le prélèvement, son procédé et ce qu'il inclut, ne souhaitant aucune souffrance ou contrainte pour tout animal. Comme eux, mon espoir est de voir un monde adoptant majoritairement une alimentation végétale, or avant que cette utopie se produise (ou non) nécessitera du temps, beaucoup de temps. Dés lors, en attendant, je préfère voir quelques animaux biopsiés plutôt que de continuer à en condamner des millions, ou des milliards à la mort.
Les technophobes obstinés pourront s'opposer à la notion de "laboratoire", sans voir que cette révolution naissante a d'abord été explorée par de petites start-ups et laboratoires en tant qu'étape préliminaire. À mesure que la législation évolue en ce sens, ces technologies pourraient être adoptées pour une production industrielle ou être rendues accessibles à travers de petites exploitations agricoles ou d'autres structures locales.
Le point de bascule semble de plus en plus proche. Après Singapour, ce sont les Etats-unis qui délivrent les premières approbations, par la FAO et l'USDA, pour commercialiser de la viande cultivée. L'entreprise BelieverMeat, entre autre, s'est déjà déclaré prêt à en produire en quantité industrielle, sans antibiotiques, conservateurs ou colorants atificiels, tout en garantissant un prix abordable pour le consommateur.
Cela présage un avenir où la viande traditionnelle sera peu à peu abandonnée pour être remplacée par de la viande cultivée, offrant des sensations gustatives et des propriétés nutritionnelles identiques, et entraînant un changement civilisationnel plus éthique et plus écologique.
mardi 20. novembre 2018
Bon, on va pas se mentir, ça risque d'être violent. C'est un article écrit avec le cœur, l'émotionnel et mes dix doigts. J'invite donc les âmes sensibles, les carnistes convaincus, les chasseurs, pathologiques ou non, à quitter de toute urgence cette page et continuer leur lobotomie sur Rothschild-magazine, le Massacreur-Français ou McDonald France. Vous l'aurez compris, l'auteur est à son troisième café, le sujet est palpablement critique, et risque d'y avoir de la casse, mais le message est trop important.
Ma famille et mes amis proches savent que ma mère, que je salue bien fort au passage, est une sorte de mère Theresa animalière. La petite maison de mon enfance et son grand jardin lui ont permis d'accueillir, et tenté de soigner, bon nombres de petits animaux déchiquetés, à vif, éclatés de l'intérieur, exprimant leurs souffrances par des cris perçants ou un silence transperçant. Que ce soit clair, c'était un carnage. Beaucoup (trop) sont morts dans mes bras, comme dans les siens. De ce constat, j'ai eu très tôt conscience d'une réalité: Les animaux sont des êtres, au minimum, sensibles; et ce que notre société psychotique infligeait à ces êtres sensibles était une bien triste conséquence et une injustice flagrante, j'en ai été témoin quotidiennement.
Plus jeune j'avais atteint le summum de l'alimentation: perpétuellement fourré chez le clown à grandes frites en cartons et burgers dégoulinants, pour m'aventurer, tenter, tester les derniers menus à la mode. Dans un décor un peu moins loungo-sixtieso-cosy, mais beaucoup plus exotique, j'usais à tour de bras les cartes de fidélité au kebab du coin. Et, venant l'été, je me précipitais chez le boucher pour faire le plein de merguez-saucisses-brochettes afin de préparer le barbecue du week-end, sans aucunement me poser de question. Toutes ces petites habitudes contribuaient à soigner, comme tout le monde, mon léger surplus pondéral qui commençait à gentillement prendre sa place. Bref, tout se passait au petits oignons, comme dirait mon maraiché.
C'est durant une journée estivale du mois de juin 2011, alors que, comme tout pro de la glandouille qui se respecte, je traînais sur youtube, je tombai par hasard sur une vidéo de Gary YOUROFSKY. Ce fut un choc. Une déflagration qui, au fur et à mesure de son discours, ébranla un à un les piliers de mes illusions dont la convention sociétale m'avait bercée. Ces convictions venaient d'être nettoyées au karcher, pour me révéler, me rappeler, me rebrancher à ce que, au plus profond de moi, j'avais toujours su: La consommation de viande est une folie pure. Sa production est un génocide organisé. Homo-sapiens a enfanté une gigantesque industrie de la mort, une structure qui broie les corps, saigne les sans-défense et éclate les boites crâniennes, froidement, à la chaîne, d'êtres vivants terrorisés, qui crient leur désespoir, pleurent leur espoir d'être sauvé, et qui ne souhaitent qu'une seule chose, VIVRE. Cette révélation agit comme une évidence, une fulgurance, une fulminance, une partie de moi qui avait arrêtée de se mentir et venait de retrouver son vrai chemin.
Dès ce jour, j'ai cessé de manger des animaux, et devenu, à l'age de 29 ans, ovo-lacto-végétarien. Et ce, durant un peu plus de six ans. Puis, au fil du temps, ma conscience m'a fait comprendre que le végétarisme n'était qu'une transition. Le 21 décembre 2017, après avoir pété quelques peurs, je devenais végétalien.
Là, clairement, je venais de franchir la ligne rouge. Très rapidement des proches, des "amis", des membres de ma famille se sont improvisés psychologue, nutritionniste, philosophe spécialiste de l'éthique et droit animal, pour m'expliquer que, mon entrée dans la secte des gobeurs de B12 me rangerait automatiquement, gentillement, systématiquement dans les jolies petites cases de potentiel extrémiste en puissance, de carencé incompétent, de casse-couille de service ou d'utopiste ultra-perché. Bien sur, c'était pas tout mon entourage, il y avait, heureusement, des personnes avec un minimum d'ouverture d'esprit et de bienveillance pour comprendre humainement ma démarche. C'était pas binaire, mais à l'annonce de mon végétalisme j'ai pu distinguer deux types de comportements: soit, immédiatement, on tentait de prendre mon engagement en défaut afin de clairement le décrédibiliser; soit, instantanément, on s'interressait en me demandant pourquoi, comment, etc.
C'est vrai qu'il y a eu des moments magiques. Des soupers mouvementés avec des membres de ma famille. Convié pour une raclette, où j'annonçais calmement mon végétalisme, qui fut accueilli avec autant de mansuétude qu'une éventuelle séropositivité, un coming-out ou un vote pour François Bayrou.
Alors que le lendemain, au self, pendant que je m'installai à la table de mes confréres de formation, ma voisine attendait mon arrivée pour me lancer: "regarde, je mange comme toi aujourd'hui". Cette adepte de la junk food, venait de totalement végétaliser son plateau repas, spontanément, par pure commisération et ouverture d'esprit. Elle qui, quelques jours auparavant, m'avait subtilement questionné sur mon engagement.
De même, à chaque sortie pour le déjeuner, le petit noyau de collègues était extrêmement soucieux du choix du restaurant, afin que, comme eux, je jouisse d'un repas digne de ce nom. Nos convictions sur le sujet étaient certes différentes, mais par égard, durant les repas, ils se préoccupaient de savoir si tout me convenait, et ne tentèrent jamais de puériles blagues lourdingues sur mon mode alimentaire. Ils restèrent constamment dans la compréhension, la bienveillance et le respect.
Et, comment ne pas parler de ce surprenant aveu, d'un très bon ami qui, durant un trajet en voiture à 2h du matin, me confia l'arrêt de sa consommation de viande suite aux vidéos d'abattoirs dévoilés par L214. Par simple compassion. Compassion pour des êtres vivants qui, bien souvent, ont été élevés dans des conditions dignes d'un enfer vivant, pour être ensuite poussés et entassés de manière tout aussi affreuses dans un camion. Compassion pour la peur, le stress et l'angoisse qu'ils ressentent, qu'ils crient, qu'ils interieurisent alors qu'ils arrivent dans une pièce couverte de sang de leurs semblables, avec des cadavres de semblables gisant et spasmant d'une vie fraîchement et horriblement arrachée. Compassion pour ces animaux sans aucune défense et méchanceté, projetés dans un lieu où aucune échappatoire n'est possible. Compassion pour cet animal terrorisé à qui un bourreau va lui trancher la gorge, où il verra sa vie s'écouler, impuissant, à chaque giclé de sang, se débattant en vain et sentant son cœur lutter, puis perdre connaissance et sa vie. Une vie qui n'a rien d'une vie. En adoptant les similis à son alimentation, mon ami, cet ex-viandard, venait de faire un fuck majestueux à cette industrie de la mort.
Ces petits gestes sont des pépites, de si rares souffles de bonté, des attentions qui font chaud au cœur. Je voulais juste, ici, rendre hommage à leurs auteurs.
Reprenons ensemble quelques points. Cette liste sera bien sûr non-exhaustive. L'idée est d'énumérer quelques arguments les plus souvent débattus durant ma première année de végétalisme. En écartant volontairement les impacts positifs d'un régime végétalien sur la santé et sur l'environnement, car, en plus d'être convenus, ils sont, à mes yeux, les conséquences de notre bénignité envers le régne animal. Accrochez-vous à ce que vous pouvez, ça va allumer sévère:
"Quoi ?! Toi aussi t'es devenu un Vegan-Antispéciste-Extremiste ?!" Comment dire... Un antispéciste-extremiste c'est un oxymore, ça n'existe pas. L'antispécisme ne reconnait aucune supériorité entre un animal humain et non-humain. Il en découle que ce courant philosophique et moral défend la liberté, le libre arbitre et le droit de vivre pour l'ensemble de ces êtres (humains ou non-humains). A ce titre, au moment même où un antispéciste nuirait physiquement et de manière déterminé à un individu, il cesserait, immédiatement, d'être antispéciste. Idem pour l'éventuel terme de "terroriste-antispéciste", il ne peut exister. Les vegan-antispécistes défendent la vie, pas le mort.
Ce qui pourrait semblé excessif dans le comportement des antispécistes, serait des propos de révolte et quelques improductifs dégats MATERIELS. En réalité, ces réactions sont le reflet de l'injustice qui les rongent, d'être les témoins impuissants d'une babylonienne industrie (élevage-abattage-conditionnement) d'un génocide infini.
"Tu comprends, les tablettes de chocolat vegans sont ecoeurantes et over-patteuses, et puis les crêpes au lait d'amande ont un goût digne d'un parpaing de chez Lafarge." Bon, le lait animal semble être l'horizon indépassable. #BravoLeVeau. Comment faire prendre conscience que, cet éphémère plaisir gustatif ne pourra jamais justifier les insondables souffrances qu'il engendre? Et, avant d'en arrivé à cette conclusion, ne faut-il pas prendre en compte les évidentes différences de goût et de texture des laits végétaux et animaux ? On peut faire d'aussi bonnes crêpes et chocolats avec les laits végétaux, tout est une question de recettes, de produits et de tests. Rappelons, au passage, que le Bocuse d'or 2017 était 100% végétal, et que la prochaine coupe du monde de Patisserie sera sur les thémes: veganisme et écologie. Pour ma part, je reste sur le chocolat noir à 85% de chez Rapunzel que je trouve très bon. Et, je penses qu'il faut un minimum d'ouverture d'esprit et d'acceptation au changement.
"Houlah, c'est très dangereux, pour les muscles et pour ton intellect" Bien sûr, alors on va pas parler de Franck Medrano, Lewis Hamilton, Carl Lewis, Mike Tyson, et ne parlons pas non-plus d'Edward Witten, Yuvah Noah Hariri, Aurélien Barrau, Léonard de Vinci, Pythagore, Albert Einstein, et j'arrête ici car la liste est encore longue.
"Faut arrêter, on a toujours mangé de la viande. Et puis, si ta lubie à la mode était si naturelle, pourquoi tu prends des compléments?!" Peut-on encore définir comme effet de mode, un courant morale qui a pris racine il y a plus de 2600ans de ça?! Ensuite, pour l'hubris du #touchepasàmonsteack, souvenons-nous que notre espéce a longtemps bégayé sur de nombreuses traditions et autres habitudes culturelles, qui ont engendré des guerres, de l'esclavage, des sacrifices humains, etc...
Enfin, la vitamine B12 est la seule complémentation nécessaire aux végétaliens, je ne vais pas ici réinventer la roue, tout est clairement expliqué sur le site de référence Vive la B12. Greg Tabibian postula que le véganisme pouvait sembler à une forme de transhumanisme (en référence à la B12). Même si je ne suis pas fan de ce terme, car ingérer directement la B12 sans passer par le prisme d'un animal n'est, à mes yeux, pas une forme d'exosomatisation, je dois reconnaître que ce brillant gnostique et analyste avait capté le background, la racine, l'idée sous-jacente en décrivant la possible prochaine évolution de notre espèce. Tout comme, il y a des milliers d'années, pour les révolutions cognitives et agricoles, notre civilisation s'extraira de la matrice carniste, et retrouvera l'harmonie avec la nature et le vivant.
"Attends, tu vas pas comparer les humains aux animaux, quand même!" ppfff... j'avoue, j'ai toujours eu un peu de mal avec cette frontière mentale. Penser que d'être doté d'aires cérébrales du langage (verbal) symbolique ferait de nous des êtres au dessus de la mêlée est une douce illusion, un enfumage par un fin jeu d'égo spéciste. Que vous l'acceptiez ou non, les animaux non-hominidés sont, eux aussi, doués d'une conscience, dixit la récente conclusion d'un consortium d'éminents neuroscientifiques qui se sont sérieusement penchés sur le sujet. De plus, on sait que certains mammifères atteignent le degrés 3 du système intentionnel de Daniel Denett.
J'exagère ?! Bon, alors je n'aborderai pas la dernière étude de l'INRA sur le sujet (organisme qui, vous en conviendrez, n'est pas vraiment un modéle d'exégèse pro-véganisme) qui a relevé des capacités d'émotions, de maitrise du temps, de métacognition et de comportements sociaux chez les mammifères et oiseaux. Bref, l'intelligence animale semble bien plus fine et complexe que ce dont on a toujours voulu nous faire croire. La réalité latente serait que notre civilisation a toujours eu du mal à intégrer les différences (cf. extermination des amérindiens, traites négrières, homosexualité, ...).
Vous l'aurez compris, l'objectif ici, à travers ces oscillations d'argumentaires et de 3615-MaLife, fut de vous décrire aux mieux mes convictions les plus profondes, de vous partager cette partie de moi qui plaira ou non. Cette voie irréversible fait partie de mon chemin, et je n'ai pas à la nier.
En même temps que je devenais végétalien, j'intégrais une association antispéciste œuvrant pour la défense de la cause animale. Ma prochaine étape, à laquelle je m'affaire, est, vous vous en doutez, de devenir Vegan. Je n'ai pas encore tout à fait atteint ce palier pour quelques petites raisons logistiques retores, qui se solutionneront avec le temps.
Mon but ne sera jamais d'imposer quoique ce soit à personne. Je suis uniquement un terrien qui applique SA vérité la plus juste pour SON expérience de vie. Toutefois, je me dois d'apporter tout mon retour d'expérience à tout futur-végé qui le souhaite. Mais aussi, mettre en lumière les dissonances cognitives, wishful thinking, et autres aberrations dont mes camarades monocéphale-bipédiques se sont dotés pour se mentir à eux-mêmes. Mon seul espoir est que mon espéce acquière la sagesse nécessaire à son éveil pour stopper cette folie, et que s'arrête cet inutile massacre...
... POUR EUX