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Les Connexions au Vivant

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Nexus #05 - NewsLetter du 27 juillet 2026

Inaugurons ce nouveau numéro par un souffle nouveau, qui le courbera vers une forme plus épurée, moins emphasée comme dirait Denis. Un champ condensé où se loge une sélection de nouvelles, identique aux Terrasses de Thierry Crouzet. Des articles, des vidéos, des publications scientifiques qui ont attiré l’attention de votre humble serviteur, sur différents domaines. Ces lignes ne seront pas uniquement une prise de pouls de notre époque, mais également un point d’appui pour commenter, élaborer un pensée ou défendre ce qui doit l’être. Bonne Lecture !

Meta-Physique

“L’univers n’évolue pas dans le temps; le temps est plutôt le modèle selon lequel les informations de l’univers évoluent.” Neukart

Cet hiver, une bombe a soufflé tout présupposé que nos civilisations avaient au sujet du temps. Jusque-là pensé comme une dimension hyperliquide s’écoulant dans le sens d’une immuable flèche, il demeurait dans les esprits aussi solide qu’une horloge obsidienne, mais si éthéré que sa nature et son fondement échappaient à toute tentative de conceptualisation.

Puis, il y eu cette succession de publications, qui opérèrent comme des frappes massives, qui fissurèrent les certitudes. Tout prend pied à partir du mécanisme de Page-Wotters, qui conçoit l’existant intriqué à l’Horloge Quantique, laissant le temps émerger des différentes interactions, même à l’echelle macroscopique.

Le 14 novembre dernier, les équipes de Natalia ARES, éminente physicienne de la Thermodynamique, publièrent les premiers résultats d’une expériences démontrant que la mesure (et son irréversibilité), l’observation, et donc l’effondrement de la fonction d’onde donneraient sa direction au temps.

Un mois plus tard, c’est Florian NEUKART qui apporta une nouvelle pierre à l’édifice, comme continuation à étayage de celui-ci. Dans sa publication il évoque son modèle QMM (Quantum Memory Matrix), où l’espace-temps émerge d’un réseau de cellules mémorielles quantiques, où chaque cellule stocke des impressions quantiques, et où la structure globale émerge des corrélations entre cellules.

Par analogie, une cellule QMM serait un neurone (qui stocke et transmet l’information), l’impression quantique une synapse (connections de neurones), le réseau QMM le cerveau (où émerge de l’activité collective des neurones), et le Champ Ta le flux de conscience.

L’article couple ce modèle à une géométrie particulière, la GID (Géométrie-Information Duality) qui, par l’Entropie Informationnelle (Sinfo) et le champs temporel (Ta), établie que la courbure de l’espace-temps est déterminée par la distribution d’information.

Enfin, en janvier dernier, il scella sa toile dantesque par une ultime fragmentation. Un article publié dans The Conversation qui assène une conviction :

[…] Le temps n’est pas quelque chose ajouté à la physique à la main. Cela se produit parce que l’information est écrite dans des processus physiques et, selon les lois connues de la thermodynamique et de la physique quantique, ne peut plus être réécrite à l’échelle mondiale. L’idée est simple mais de grande portée.[…]

[…] Chaque interaction, comme l’écrasement de deux particules, écrit des informations dans l’univers. Ces empreintes s’accumulent. Parce qu’ils ne peuvent être effacés, ils définissent un ordre naturel des événements. Les États antérieurs sont ceux qui ont moins de dossiers d’information. Les États ultérieurs sont ceux qui en ont le plus.[…]

[…] Les régions qui ont accumulé davantage d’empreintes informationnelles réagissent plus fortement au mouvement et à la courbure, augmentant ainsi efficacement leur gravité.[…]

[…] De ce point de vue, la matière noire, l’énergie noire et la flèche du temps peuvent toutes provenir d’un seul processus sous-jacent : l’accumulation irréversible d’informations.

Alors, vous le savez, j’ai toujours pensé la vie, l’expression du Vivant, de la plus indicible corde atomique jusqu’aux rouages infinis des Multivers, comme processus alchimique transformant du temps en expériences. Comment ne pas voir un écho avec ces récentes publications ? Mon esprit ne peut s’empecher d’être happé par des considérations nouvelles. Dans l’Univers-Bloc le temps serait une illusion perceptive (Maya?). Pour le panpsychisme, l’information s’apparenterait à une forme de proto-conscience. Aux yeux de IIT, la conscience serait un processus de navigation dans Ta. Et, nous pouvons voir dans les états modifiés de conscience par psychédéliques une déstabilisation de Ta, permettant un acces non-linéaire au temps, en plus de rendre accessible de nouveaux espaces et Agents comme le suggère Andrew R. Gallimore pour la DMT.

Mais, il est encore plus fascinant d’imaginer le métabolisme cellulaire comme processus de compression/décompression d’information. Où l’ATP serait la monnaie d’échange, l’ADN/ARN le stockage et les protéines les programmes exécutants.

Et si, enfin, les modifications épigénétiques étaient des marqueurs de l’histoire informationnelle de la cellule ? Où l’augmentation de méthylation (induit par un stress cellulaire) engendrerait une compression d’information (réponse de survie). Et où, une hausse de l’acétylation (permise par un milieu enrichi) permettrait une plasticité informationnelle.

Antispecisme

Dernièrement, Ego, un jeune et talentueux YTeur, a créé la sidération. Lors de sa dernière vidéo “Comment comprendre le langage des aliens ?”, arrivé aux deux tiers de celle-ci, il opéra un magistral plot twist. Une rupture radicale avec sa ligne éditoriale, qui jusqu’alors était vecteur de pédagogie s’est muée en un savant et inespéré plaidoyer pour la défense du Vivant. A la face de son auditoire, avec une fermeté et une détermination exemplaire, il prit fait et cause pour ceux que Sapiens broie, exploite et massacre, éhontément, froidement, pour ces milliards d’êtres sentients, doués d’un monde intérieur, d’une sensibilité et d’une conscience sacrifiés sur l’autel de l’anthropocentrisme et d’une folie sans borne.

Pour tout militant de la cause animale rien de nouveau. Ego, finalement, ne fait que rappeler les évidences. Pourtant, cet uppercut, cette tentative de KO, cette ébauche d’électrochoc renferme un courage monstre. Lors des Geek Fearies de 2018, présent en qualité de personnel du dispositif de secours, j’avais eu l’occasion d’échanger avec LinkTheSun, et lui apporter tout mon soutien, alors qu’il était au centre d’un shitstorm surréaliste à la suite de la sortie de son Point Culture sur le Veganisme. Je pouvais ressentir à quel point cette tempête, intérieurement, le dévastait.

Mais, Ego a su imposer un réveil que beaucoup espéré. Contrairement aux précédents avocats publiques du Vivant comme JihemDoe, MagicJack, et à la masse oeuvrant dans l’ombre (incluant votre serviteur) qui subirent de plein fouet les constantes déversés d’hostilités, de diffamations, de médiocrités et de mensonges, le discours du jeune YTeur n’a fait naître aucune opposition, l’adhésion fut complète.

Ce tour de force fut permis par un singulier et puissant vecteur, Ego lui-même. Quiconque a vu ses vidéos sait leur densité, leur disruption et leur grande rigueur. Leur auteur dissèque chaque thème de façon méthodique, neutre, détaillée, irréprochable, et implacable, le propulsant comme référence du YT-Game, une figure que l’on écoute attentivement. Une autorité tissée, une raison indiscutable couplés à l’insoupçonné et à l’effroi qui ébranlèrent, le temps d’un instant, un pilier porteur du vieux monde. Voilà une brèche qui, je l’espère, appellera d’autres influenceur.euse.s à suivre cet exemple, pour eux.


Un autre point important qui a traversé l’actualité fut celui d’un rappel : Chaque année 194 millions d’oiseaux et 29 millions de mammifères sont percutés par des véhicules. Un massacre si banal, si ancré qu’il s’est mué en fatalité, comme indispensable, comme négligeables dégâts collatéraux. Face à l’indifférence générale Mr Mondialisation, lors d’un article, exposa une jeune association militant contre cette folie.

Les propositions de “Routes Vivantes” restent nécessaires mais consensuelles (former les conducteurs, adapter les infrastructures, créer des passages à faune, améliorer la signalisation ou encore réduire la vitesse dans les zones sensibles). Nous connaissons la nature “humaine”, nous connaissons son mépris à l’égard du Vivant, et nous savons que toute la pédagogie du monde et qu’un torrent de panneaux n’auront, tristement, que peu d’effet sur les réseaux neuronaux anthropocentrés des individus peuplant notre espèce. Nous savons que tous préférerons pleurer leur pare-choc plutôt que l’être vivant agonisant sur le bitume froid et baignant dans son sang.

Ces mesures doivent se coupler à d’autres plus coercitives, comme l’installation sur toute voiture produite de dispositifs signaux ultra-son. Une réglementation pourrait exiger leur présence à proximité des routes, en plus d’autres dispositifs, permettant d’éloigner les mammifères.


En mars dernier, sortait une étude qui fit grincer certains des dents jusqu’au morcellement. Elle établit que la régulation de “nuisibles” ne réduit ni les populations, ni les dégâts économiques et pourrait même augmenter les risques sanitaires.

Confirmant ce que, d’instinct, nous nous époumonons à dire : La régulation létale doit être abandonnée pour des méthodes préventives non-létales (répulsifs, systèmes de dissuasion, pièges non-létales, etc).


Tous les YTeurs ne se valent pas. Alors qu’Ego étudie et traite minutieusement ses problématiques, d’autres comme un célèbre YTeur franco-russe pourfend un sujet qu’il n’a même pas dénié investiguer sérieusement, en dehors de ses shorts Tic-Toc et de ses préjugés. N’en déplaise à cet individu, et aux autres réactionnaires bornés, le domaine de la Viande Cultivée ne cesse de progresser.

Dès lors, n’abordons pas la récente étude publiée dans le domaine, faisant état d’une méthode innovante pour reproduire la texture fibreuse et anisotrope de la viande entière dans les analogues à base de protéines végétales, en utilisant le filage humide (wet-spinning) combiné à des protéines de fève (FPI) et de l’alginate de calcium.

D’ailleurs, un prochain article incluant ce sujet est en élaboration par votre serviteur. En attendant, n’hesitez pas à jeter un coup d’oeil au précédent, nommé Viande 2.0.

Société

Pour le domaine du développement personnel, au détour d’un récent article sur son blog abordant le sujet “Comment trouver du sens dans son travail”, Christophe ALLAIN tissa une allégorie séduisante, celle de la “théorie des pâtes et du basilic”:

Les pâtes vous nourrissent. Elles sont consistantes, fiables, constantes. Mais seules ? Fades.
Le basilic ne vous nourrit pas. Il est léger, parfumé, plein de saveur. Mais on ne peut pas vivre de basilic.
Ensemble, ils forment quelque chose de nourrissant et de savoureux.

Dans le contexte de votre vie, les pâtes représentent votre travail — l’activité qui vous permet de vivre financièrement et d’occuper votre temps. Le basilic représente le sens — ce sentiment personnel de la valeur que vous apportez à ce que vous faites. L’erreur que commettent la plupart des gens, c’est de chercher un plat déjà assaisonné. Ils veulent un emploi qui soit porteur de sens en lui-même, sans réaliser que la saveur doit d’abord venir d’eux.

« Le sens doit venir de vous. L’activité que vous exercez doit correspondre à ce que vous savez faire et à ce qui vous apporte un revenu. Mais le sens, ça, c’est à vous de le trouver. »

Le basilic, ça ne se délègue pas. Il faut le cultiver soi-même.


Depuis des années nous sommes les témoins tristes de la mort lente de nos centres-villes. Leurs commerces hypoxiés par les grands centres commerciaux demeurent un maillage social essentiel au local. Symboliquement, nous nourrissons ce qui nous entoure et notre environnement nous nourris, physiquement et humainement.

Parmi ces connections, souvent dénigrés, les bar-tabacs et les brasseries restent de mini-agoras, les points névralgiques de cette toile vitale. Pour s’en rendre compte, Hugo SUBTIL, rédigea une étude démontrant la corrélation directe entre la fermeture des bars-tabacs et la montée du vote Front National. Ce dernier faisant écho à un plus ancien rapport de la Fondation Jean JAURES, sur les “Micro-Comptoirs” comme patrimoine vivant au coeur de la société française, lieux de brassage et miroir aux mille visages.


C’est indiscutable, pour Saint JMJ et ses adeptes, l’Uranium enrichi est l’horizon indépassable, l’unique possibilité énergétique envisageable. Malgré tout, sans aborder la fragilité de son approvisionnement (et des milliards absorbés par l’incurie et le vide, merci Anne), d’autres modes de productions énergétiques restent pertinentes : marémotrice, H⁺ vert, fusion, Power-2-X, biomasse/biogaz, etc.

Leurs opposants invoqueront l’urgence. Cette urgence qui inhibe toute planification et toute projection, qui obligerait de déployer un nombre massif de centrales nucléaires conventionnelles (fission U235). Pourtant, cette hiver la Chine a clairement ouvert une autre voie en développant leur parc nucléaire alimenté en Thorium, et annonçant dernièrement avoir réussi à faire fonctionner un de ces réacteurs à sel fondu de façon continu.

Mais d’ici, j’entends déjà l’habituelle mauvaise foie résonner sur l’évidence. N’ayez crainte, un article est également en préparation.

Psychedeliques

Les études citées ici ne sont pas des appels à l’expérimentation. La législation en vigueur s’applique, et chaque lecteur en assume la responsabilité.


Sur la scène des Psychédéliques un mystère a émergé. Celui d’un troublant champignon présent en Asie qui induit des hallucinations particulières. Par l’ingestion de Lanmaoa asiatica, ses consommateurs témoignent, tous, de voir des lilliputiens.

Un article de l’Utah Muséum a posé une première approche culturel et historique, rappelant une chose troublante, qui fait la particularité de ce champignon : aucun composé hallucinogène connu n’est présent dans ce bolet.

Malgré tout, une hypothèse, que je soutien, semble révéler la nature de ce paradoxe (oui, habituellement, aucun bollet n’a d’effet psycho-actif). Apres une analyse qualitative/quantitative biochimique effectuée par HPLC-MS/MS (Chromato couplée à de la spectro de masse), il a été identifié différents metabolites. Parmi eux, le 5-MTP, un élément endogène intermédiaire jusqu’alors étudié pour ses propriétés sur le cancer (par l’inhibition de COX-2). Mais, par ses voies métaboliques, le Lanmaoa asiatica initiant la production à la hausse de 5-MTP (en plus de l’A. protocatéchique, etc), par perturbation de l’homéostasie du SNC modulant la voie métabolique du tryptophane peut provoquer des troubles neuropsychiatriques. Alors, il n’est pas délirant de penser que, peut-être, cette hausse de 5-MTP, proche structurellement des tryptamines psychédéliques, puisse, par altérations successives (phosphorylation, etc), permettre une affinité à certains récepteurs sérotoninergiques.

Affaire à suivre…


Jules Evans, de la newsletter EcstaticIntegration, a retranscrit les impressions de Bryan Johnson après son dernier trip sous psychedeliques. Une expérience qui semblait l’avoir ébranlé dans les fondements de son existence.

‘Je réalise maintenant à quel point j'étais un vrai connard [..] Mais maintenant je ne serai plus jamais le même.’

Quelle chose psychopathe, sans empathie, raciste, tordue et connasse de la part d'Elon Musk. Cela me rend malade d’avoir soutenu ces voyous MAGA-MAHA, simplement parce qu’ils ont réduit les impôts et fait des bruits encourageants à propos des psychédéliques et du biohacking. De combien d’argent supplémentaire avais-je vraiment besoin ? En guise de repentir, j’ai maintenant l’intention de donner 95 % de ma fortune de 400 millions de dollars aux enfants touchés par la fermeture de l’USAID. Si je peux prolonger leur vie et réduire même légèrement leurs souffrances, j’aurai été remboursé 100 fois.

Je tiens avant tout à m’excuser auprès de vous, le monde, pour mes interminables pitreries en quête d’attention. J'étais accro à l'attention. Peu importe le médicament que je prenais, tout cela n’était qu’une ruse pour attirer l’attention. Je pensais que si j’avais l’attention de milliers de personnes, cela comblerait d’une manière ou d’une autre le vide dans mon âme. Mais maintenant, grâce à cette dernière expérience psychédélique, je m’accepte vraiment, telle que je suis. Je me soucie vraiment de plus que de mon corps, de ma réputation, de mon ego.

N’hesitez pas à consulter l’intégralité de ces confessions, sur l’article d’EcstaticIntegration.


Alors que je bouclais mon dernier Nexus, où il était question de la sortie du livre de Zoë Hababou sur son expérience avec le Bufo Alvarius, et où j’invoquais la nécessité du recours à la chimie, au même moment, le 10 juin dernier, l’ANSM venait de criminaliser sept tryptamines synthétiques, incluant le 5-MeO-DMT.

Une décision délirante, sachant qu’aux quatre coins de la planète le nombre d’études établissant des bénéfices majeurs sur bon nombre de pathologies critiques ne cessent de croître de façon exponentielle et que leur DL50 est une des plus basse (comparé à l’alcool, le tabac, etc). Les raisons cités seraient une augmentation de leur consommation, et “des cas d’intoxications graves, dont un décès (survenu après la consommation de plusieurs substances en même temps)”.

Nous vivons dans un pays fascinant, où ses institutions incapables de produire une quelconque pensée se vautre, inlassablement, dans leur plus précieuse et éternelle répression bornée. Cette même répression qui enfante directement les problématiques qu’ils dénoncent. Contraignant les usagers à braver la légalité pour dénicher un produit dont la pureté et la concentration est intraçable et sans réelle garantie. Une hypocrisie poussée à son climax.

Dans leurs innombrables réflexes reptiliens ces sachants préfèrent courageusement occulter toute remise en question, tout cadre légal qui permettrait des lieux de retraites où le Set&Setting serait roi, où les substances psycho-actives proposées seraient sures (pures et sans contaminant), où toutes les contre-indications seraient prises en compte.

D’ailleurs, un excellent article de TheraPsychedelics révèle une étude décortiquant près de 300 organisations proposant des retraites psychédéliques. Elle fait état d’une certaine variabilité dans la sécurité, dans le suivi et l’accompagnement. Lors de mon dernier Nexus, alors que je tissais une utopie, j’avais imaginé les contours d’une formation obligatoire pour ces encadrants : Des années de diets et travail avec les plus grands pajés de la planète, une formation solide aux bases de la médecine d’urgence, et un bagage suffisant en psychologie et psychiatrie. Ce à quoi il serait élémentaire d’établir un filtrage médical (dans les cas de contre-indications), l’arrêt de traitement si besoin, l’obligation pour ces centres de matériel d’urgence (pour gérer syndrome serotoninergique, convulsions, etc), et des audits réguliers (comme l’ANSM ou le COFRAC le font pour les laboratoires).

Credit : Brian McMahon

Laboratoire

Ce dernier espace n’est pas à destination des profanes. Il est rédigé pour ceux qui savent ce que signifie pLZDonor sans avoir à chercher sur Qwant, pour ceux qui ont déjà maudit un Western Blot ou pleuré devant un gel d’agarose raté. Très chér.e.s confrére.soeur.s accrochez-vous à vos blouses, on plonge.


Cas12a, ce couteau suisse de l’édition génétique, nous avait déjà gâté avec son activité RNA-guided. Mais là, les choses sérieuses commencent : une version DNA-guided, capable de cibler de l’ARN avec une précision chirurgicale.

Un tour de force que nous devons à Rodrigo Fregoso Ocampo et son équipe, qu’ils publièrent généreusement en mars dernier.

Alors, le truc ? Le ΨDNA forme une épingle à cheveux qui mime le PAM, positionne l’espaceur pour un hétéroduplexe ARN-ADN parfait le long du lobe REC.

Et le clou : même avec un PAM non canonique (AGAT au lieu de TTTN), ça marche. À condition que l’épingle tienne debout. Preuve que Cas12a, décidée à tout cibler, se plie à toutes les fantaisies nucléotidiques.

AlphaFold avait vu juste. La nature, encore une fois, détournée. Et le CRISPR, toujours plus loin dans le hack biologique.


Gaut et ses collaborateur.trice.s ont réussi un exploit : une cellule synthétique, chimiquement définie, capable de cycles complets. Le tout dans un liposome, avec une touche de génie moléculaire pour l’alimentation (αHL taguées His + lipides Ni-NTA) et la division (crowding de protéines membranaires, streptavidine, et puis, ça se scinde).

Les promoteurs T7Max ? Ils boostent l’expression d’αHL, ce qui booste la fusion avec les vésicules nourricières, ce qui booste la croissance, ce qui booste le nombre de descendants. Darwin en qPCR. Cinq générations de cycle cellulaire validées, avec FRET, generation counters et RT-qPCR pour tracer chaque étape.

La vie sans un seul ribosome naturel, sans un seul cytosquelette…


Le 16 juillet dernier, Moderna franchit une nouvelle étape en oncologie avec le premier dosage de mRNA-4200 dans un essai clinique de Phase 1 (NCT06880549).

Une thérapie off-the-shelf ciblant les tumeurs solides avancées ou métastatiques via l’encodage de sept antigènes tumoraux partagés, conçus pour induire et amplifier les réponses des Lc T contre des cibles sélectionnées, en combinaison avec des inhibiteurs de checkpoints immunitaires (ICI).

Moderna, après le mRNA-4157 (vaccin personnalisé + Keytruda) et le mRNA-4359 (anti-KRAS G12D), confirme ainsi son ambition de faire de l’ARNm une plateforme thérapeutique universelle en oncologie, capable de s’attaquer à l’hétérogénéité tumorale sans sacrifier la scalabilité industrielle.

Tout le monde connait la molécule Zolpidem, un puissant hypnotique de la famille des Imidazopyridines, aux effets plus ou moins proches des BZD. Or, peu connaissent (incluant les médecins) les effets spectaculaires de neuroplasticité que cet incontournable somnifère renferme.

Tout commence en 1999, sous le ciel de l'Afrique du Sud, où un médecin, par un caprice du destin, ramène un comateux à la vie grâce à un simple comprimé.

De là, durant des années, loin des tabloïds, des essais furent effectués sur des personnes atteintes de lésions cérébrales, permettant de démontrer l'action majeure de ce PA à l'impressionnant rétablissement des fonctions cerebrales atteintes (post-AVC, Traumatisme Cranien, Hypoxie, etc.). Nommé "Effet Ambien" (du nom américain de la molecule). Hamilton Morris, dans un reportage saisissant, en 2013, avait capté ces instants où la science frotte les portes du surnaturel.

Encore l'année dernière, dans un silence absolu, une publication détaillait l'efficacité thérapeutique du Zolpidem sur les cas de catatonie.

Pour son mécanisme Biochimique, plusieurs hypothèses sont encore en discussion :

  • Hypothèse de la Dormance Cérébrale -> Certaines zones cérébrales lésées ne sont pas mortes, mais en état de dormance (Perfusion observée après l'administration de Zolpidem).
  • Hypothèse MesoCircuit -> Inhibition directe du GPi et restauration thalamique
  • Hypothèse de la Signalisation Phasique vs Tonique : Le Zolpidem, agoniste sélectif des récepteurs GABA-α1 (sous-type ω1), agirait différemment selon l'état des récepteurs. Sur des récepteurs sains, il induit le sommeil. Mais sur des récepteurs altérés par une lésion, il restaurerait leur fonctionnement normal.

Une chose est sûre : ce somnifère a déjà prouvé qu’il pouvait faire bien plus que endormir. Il a réveillé des espoirs, et avec eux, une question lancinante : combien de molécules, aujourd’hui cantonnées à un usage unique, cachent des trésors thérapeutiques encore inconnus ?

Ayant investigué, à l'époque, le mécanisme de la MethHb par intoxication au nitrite d'isopropyl j'étais, inévitablement, conduit vers l'énorme travail de Valérian Reithinger sur le sujet.

Tout comme la CarboxyHb par intox au CO, la SpO2 donnant des valeurs normales, les GS sont requis. Or, en l'attente d'un Cobas CB221 ou autre, un petit test de MacGyver reste possible. Une astuce ingénieuse livrée lors de sa présentation, qu'il me semblait intéressant de vous transmettre ici.

En s'appuyant sur la coloration typique du sang lors d'une MethHbémie (marron chocolat): "On peut, à l'hôpital au lit du malade, faire barboter de l'oxygène pur dans le sang; celui-ci garde sa couleur. Lorsqu'on ne dispose pas de source d'oxygène, on peut prélever 1 ml de sang dans une seringue de 10 ml. On remplit le reste de la seringue avec de l'air. On obture et on secoue énergiquement pendant une minute. Si le sang garde sa couleur chocolat, il existe une méthémoglobinémie" (vu que l'O2 ne peut pas se fixer à cause de l'oxydation du Fe2+ en Fe3+)

Génialissime !

Lors d'un précédent article votre humble serviteur porté à votre connaissance un futur danger qui, inévitablement, percutera notre société : l'antibiorésistance. Ce fléau gangrenant et rongeant progressivement, une à une, nos armes thérapeutiques, nous confrontera ainsi, en un avenir relativement proche, à l'emportement nûment d'un pan complet de notre espèce, Sapiens, par de courantes infections bactériennes.

A l'émergence de cet enjeux, une lutte s'est engagée, et de nouveaux stratèges ont vu le jour. L'outil dans lequel la recherche bactériologique s'est investit fut les bactériophages, des organismes capable de phagocyter (ingérer et dissoudre) ces bactéries résistances.

Nous concluions précédemment à l'hypothèse d'une possible phagoresistance de ces entités. Le phénomène ne serait pas nouveau.

La phagoresistance

De façon générale, cette résistance peut s'exprimer par différentes voies. Une première possibilité est d'empêcher les PNN ou les phagocytes de se diriger vers ces bactéries. Une autre est de tout opérer pour que les macrophages ne se collent pas à elles, en jouant de leurs configurations propres (capsules, pili, etc.). Ensuite, même si la fixation est effectuée, il reste possible à certaines bactéries d'échapper purement et simplement à l'ingestion, c'est le cas par exemple de N. gonorroeae. Enfin, un ultime champs d'actions pour ces bacilles ou coccis est de, une fois ingérés, résister à la phagocytose et croître au sein du phage.

Le cas du Pyo

Quiconque fut, quotidiennement, formé à l'identification bactérienne s'est déjà vu, au moins une fois, braver les interdits afin de sentir le parfum si particulièrement floral des colonies du Pyo (P. aeruginosa) sur GN. C'est précisément autour de ce bacille et ses particularités qu'une étude fut publiée dans la revue PLO Pathogens. Ses auteurs démontrèrent la capacité singulière du Pyo à, une fois phagocyté par un macrophage, lyser ce dernier. Ils exposèrent un des mécanismes principaux de cette cytotoxicité : l'interférence en l'expression du système de sécrétion de type 3 (T3SS) et son effecteur ExoS.

Homéostasie et environnement

De toutes ces esquives il faut en entrevoir leur raison: une nécessité à s'adapter. Tout élément vivant est mû, intrinsèquement, d'une profonde résilience, lui permettant de se soustraire aux contraintes extérieures qui le menacerait.

Dans un précédent article nous avions mis en avant que, contrairement à certains préjugés dualistes, les bactéries ont un rôle essentiel à notre organisme. Par exemple, le microbiote intestinal. Lieu grouillant de bactéries s'affairant à l'assimilation des nutriments (vitamines, AA, acide gras, etc.) essentiels au bon fonctionnement de notre corps. L'équilibre si précieux de cette populace s'opère par des voies et des processus si subtiles, si délicats, qu'il pourrait mettre factuellement en PLS le meilleur horloger Suisse. Un appui et une complicité mutuels, pourtant si contre-intuitive, de ces protistes anaérobies et aérobies, et leur encadrement par le système immunitaire, lui-même poussé par ce même écosystème microbien si nécessaire. Or, cette harmonie si malléable et résiliente reste fragile. Il a été démontré qu'en cas d'infection à T.gondii la production de Lc T CD4+ spécifiques, capable d'engendrer des IFN-y, avec des propriétés identiques aux Lc Th1 (sous-population des T), faisait naître une réponse immunitaire incapable de différencier les antigènes commensaux ou pathogènes, avec tous les dégâts que cela comporte.

Afin de mieux appréhender les différents processus de la phagoresistance une équipe du CNRS a démontré que l'environnement semble être un facteur clef. Étudiant les réactions d'E.coli face aux bactériophages in vivo (intestin) et in vitro (culture), ils ont pu révéler que certaines modulations de l'expression génétique des bactéries, permettant de feinter leurs régulateurs, étaient beaucoup moins marquées en culture qu'en milieu naturel. Laissant entrevoir, une fois de plus, la colossale capacité d'adaptation du monde bactérien.

Don't look up

Aveuglée par son inconscience notre société, dites “hyper-évoluée”, n'a eu de cesse que d'éterniser, à l'infini, une fuite en avant sans but ni fin qui, plus que jamais, nous précipite à l'abîme. Dans ce colossal maelstrom, nous l'avons vu, l'antibioresistance tient et continuera de tenir sa place. Une adaptation bactérienne qui a échappé aux antibiotiques, aux phages et, sûrement, aux futures autres inhibiteurs que nous déploierons afin de contrer la lignée de conséquences que, successivement, notre civilisation a, elle-même, brillamment enfanté.

De ce collier d'anomies il faut en entrevoir sa raison profonde, la dénégation. Celle-là même qui nous pousse à fuir en des solutions d'encadrements bactériens toujours plus asphyxiantes, plutôt que de remettre en cause les racines de cette antibioresistance, notre exposition quotidienne aux antibiotiques (élevages intensifs, pesticide phytopharmaceutiques, adjuvants alimentaires, etc.), qui nécessiterait de totalement remodeler notre socle sociétaire. Afin d'éviter cette remise en question nous avons fait le choix de nous lover en une incurie court-termiste, mû par le profit et le maintient de cette aporie, qui sera inévitablement notre achévement. Ce déni inconscient est au cœur de notre société, fiché à tous les piliers porteurs de notre système, l'énergie, l'économie, l'environnement, la santé, etc. Don't Look Up n'était pas une fiction, il est, en réalité, un de nos mythes fondateurs. Car, au fond de nous, nous le savons, tous ces démons, que nous avons rejeté à l'obscurité plutôt que les éclairer, seront les gardiens de nos limbes.

Si nous tentions d'entrevoir toute la grandeur du vivant, il serait optatif d'entamer un historique à sa singularité, où un espace euclidien, à t=0, enfanta de magiques et précieuses fluctuations quantiques jusqu'à son inébranlable mur de Planck, et créa des dimensions Lorentziennes qui se déployèrent à l'infini. De là, jaillit l'Atome Primordial et d'innombrables autres, qui s'étalèrent, s'organisèrent, s'ordonnèrent et s'agglomérèrent pour en former les astres, les galaxies, les constellations, les trous noirs et autres éléments qui constituent l'univers que nous connaissons. Au sein de cette gigantesque horloge cosmique, un minuscule grain de sable retiendra notre attention, notre brave et belle petite planète, Gaia, communément appelée Terre.

Ce globe qui vit, en sa surface, accueillir une multitude de formes vivantes par une perpétuelle et inépuisable évolution. Or, il y a près d'un milliard d'années de ça, un règne fut le pilier majeur à la modélisation de notre écosystème actuel, les mycètes.

Par leurs alliances et cohabitations, ils permirent au monde végétal et animal, le façonnant, de se déployer. Depuis, ils n'eurent de cesse de sous-tendre notre environnement.

C'est lors d'une habituelle conversation à l'Exode Urbain, autour du sujet de la résilience, que le propos me percuta. Il était question des cueillettes de champignons, plus précisément de la prospective qu'à l'avenir, au vu de la conjoncture, cette pratique se répandra et les coins se trouveront de plus en plus prisés, saturés et donc significativement raréfiés. Dès lors, la culture de champignons at home s'envisage comme alternative.

Pendant que les tasses de café se vidaient, en mon esprit, mon engagement à un tel projet s'étayer. Pour le lieu, la grande cave de mes parents sera idéale par son hygrométrie et ses vieux murs de soixante en pierre, que je squatterais pour l'occasion. Sur ces entrefaites, le savoir de cette discipline me manquait. Alors, j'ai commencé par dépoussiérer mes maigres cours de mycologie médicale avant d'amasser, compulsivement, livres, articles (par ex. ceux d'Andréas) et vidéos. Depuis aspiré par ce monde si vaste, insoupçonné et fascinant, je commençais à entrevoir leur importance et leur omniprésence dans notre quotidien. Par exemple, le pain, la bière, la lacto-fermentation sont issus de ces organismes. Certains mycéliums, doués de propriétés anti-bactériennes, ont noué des coopérations avec certains arbres, ces derniers apportant le nécessaire aux mycètes pour assurer leur déploiement, et les mycètes protégeant les racines de l'arbre des bactéries. Propriété que découvrit Fleming, nous livrant ainsi, la pénicilline et le spectre d'antibiotiques que nous connaissons aujourd'hui. Bref, leurs applications dans les champs alimentaire et médicinale sont majeures. Les carpophores (comestibles) apportes des nutriments intéressants, comme les vitamines B (B1, B2, B5, B8 et B9), PP, ainsi que du sélénium.

Partant de ces frêles connaissances d'autodidacte, je passais à la pratique avec la volonté de m'aventurer en cet infini domaine de façon progressive, par étape, afin de, selon, m'adapter au mieux, ainsi que gagner en compétences et connaissances.

En premier lieu j'optais, à la Mycosphére, pour un ballot de culture de Pleurotes (champignon le moins exigent et moins risqué), et assez rapidement ma premiére récolte apparu et fut importante (voir photos ci-dessous). Puis pour relancer la seconde pousse, j'ai laissé le substrat baigner dans l'eau toute une nuit, pour voir rapidement une seconde pousse émerger et effectuer une récolte quasi-identique à la première. Actuellement, la troisiéme (certainement ultime) pousse est en cours.

Ma prochaine étape sera de refaire un test avec un ballot de Shiitakes, et d'essayer de coloniser une buche de bois, par exemple avec des Pleurotes en huitre. Puis, avec le temps et le nombre d'essais suffisants, produire un S2 sur grain, espérant, ensuite, arriver à cultiver sur gélose (pratique que je maitrise par la discipline de la bacteriologie) pour repiquer du mycélium afin de coloniser un S1 sur grain, et ainsi gagner un peu plus en autonomie.

Vous l'aurez compris mon apprentissage en ce monde sans fin en est à ses prémices, toutefois la fascination à opérer une danse avec ces organismes si complexes sont tellement stimulantes. Moi qui, de nature, ai la main atomique, au vu des résultats optenus, je reste à pensé que le régne des mycètes m'ai adopté. Le Vivant est captivant, plus que jamais, j'y suis lové en ses filets.

La suite de mon apprentissage et de mes petits champi' au prochain épisode…

Le bar de la Fontaine est une brasserie authentique du centre-ville, jouxtant une fontaine historique, d'où son nom. C'est en ce lieu que nous avions décidé de nous poser, Thierry CROUZET et moi-même, à l'occasion d'un de ses rares passages à Blois, pour une conférence, afin d'échanger quelques idées. Autour de notre petite table carré, le temps semblait suspendu. Notre jubilante conversation oscillait entre de douces utopies et quelques affres. Il était question de librisme, d'édition, de mon enthousiasme pour son oeuvre, de monnaie libre, de Nuit Debout, et d'autres sujets passionnants. Nous étions en avril 2016, et Thierry était plongé à l'écriture de Résistants. Au détour de quelques questions sur celui-ci, il ne fuita aucun détails de ce projet en gestation, mais me garantit l'importance de cette ouvrage. Aujourd'hui, Résistants compte parmis les écrits magistraux de ce brillant littérateur, de part sa forme romanesque où l'intrigue hyper-documentée laisse poindre le colossale travail de recherche sur le sujet, et par ce sujet capital traité: l'antibiorésistance.

Certains ont évoqué 2050, où ce fléau pourrait atteindre un climax de plus de dix millions de morts par an. Des milliers d'êtres humains annihilés par de courantes entérobactéries, comme E. coli, K. pneumoniae, ou par toutes autres bactéries communément traitables. Du remède, son mésusage, comme tout pharmakon, pourrait engendrer un séisme sanitaire catastrophique. Pourtant, penser, maladroitement, que le monde bactérien serait un mal qu'il faudrait éradiquer, cette croyance dualiste, occulterait une réalité: notre corps est constitué par bien plus de bactéries que de cellules, et que ces microbes contribuent au fonctionnement de notre organisme. Certaines sont essentielles à notre système digestif, d'autres jouent un rôle majeur au biofilm cutané, alors qu' une autre officierait à limiter les risques de diabète et maladies cardiovasculaires et certaines pourraient être porteuses de solutions au cancer. La pathogénicité bactérienne intervient à la suite d'une fracture dans l'équilibre de ce micro-écosystéme. Par différents leviers, cette virulence prend racine à travers des facteurs favorisant la colonisation, ou par leurs dommages directes (toxines bactériennes, ex: Clostridium tetani).

L'identification bactérienne fut, par ma formation professionnelle, une tâche quasi-quotidienne répétée sur quelques années, me permettant d'être témoin direct de cette antibiorésistance. A travers le MALDI-TOF ou, manuellement, sur une gélose Mueller-Hinton, voir les colonies gagner les disques imbibés de différents antibiotiques. Des antibiotiques ciblant des parties disparates de la bactérie, sa capsule, sa paroi, etc. Ce parcours, me donnant accès aux services d'analyse médicale les plus importants de la région, où, durant nos conversations, des biologistes et chefs de services en bactériologie me partageaient leurs angoisses de voir tomber, un à un, tel des dominos, les derniers remparts thérapeutiques à la résurgence bactérienne. Avant de me confier, qu'une des causes de cette émergente résistance prendrait pied, en grande partie, par l'utilisation massive d'antibiotiques par l'industrie de la viande. Cette information qui fit écho à ma lecture de Résistants quelques années auparavant, où Thierry Crouzet avait déjà exposé cette problématique. Hubris d'une société qui, par perte de son humanité, accoucha d'une énième ignominie en multipliant vertigineusement l'élevage intensif. Dès lors, engendré par ses conditions innommables, l'effroyable concentration nécessite, afin de maintenir en vie ses séquestrés, l'injection considérable d'antibiotiques. Antibiotiques qu'ingérera, en bout de chaine, le consommateur de viande, devenant, à plus ou moins long terme, antibioresistant et contribuant un peu plus à cette future bombe sanitaire.

Souvenons-nous que, mise à part la résistance naturelle, la glaçante ascension de l'émergence, naissant de l'évolution bactérienne par la présence répétée aux antibiotiques, de Bactéries Multi-Résistantes (BMR), puis Hautement Résistantes (BHR), et Ultra-Resistantes (BUR) et enfin, des Bactéries Toto-Resistantes (BTR) n'est que la réaction directe à nos successifs choix sociétaires d'inonder notre environnement d'antibiotiques. Poussant à nous armer de nouvelles thérapeutiques, comme l'utilisation de Bactériophages. Des virus capables de phagocyter certaines bactéries. Une fuite en avant, cherchant à rajouter une couche supplémentaire en traitant les conséquences et non les causes. Avant que les bactéries ne deviennent phagorésistante.

Devant un tel tableau, Fleming aurait pu être désolé du mésusage que notre société a faite de la panacée qu'il nous avait légué, de voir notre environnement imbibé d'un bain d'antibiotiques en tout genre: Comme pesticide sur nos plantes, comme biocide pour la désinfection des surfaces, comme boost pour maintenir une industrie de l'élevage intrinsèquement délirante, ou comme l'utilisation de pesticides (ex. Glyphosate) favorisant l'antibiorésistance. Fleming, serait le premier à nous alerter.

Pour aller plus loin:

Quel est le point commun entre Richard Stallman et Didier Pittet ? Si vous m'auriez posé la question il y a quelques mois de ça, j'aurais certainement répondu aucun. Pourtant, aujourd'hui ma réponse est différente.

Déjà, Stallman, je ne penses plus nécessaire de présenter ce mentor du libre. Ensuite, Didier Pittet est sûrement un nom qui nous est moins familier, et pourtant… Dans la lignée de Semmelweis (sujet de thèse doctorale de l'inégalable L.F Celine), Pittet a révolutionné le domaine sanitaire.

Alors que je commençais à travailler dans le champ paramédical, je découvrais l'utilisation du Sterilium® de la Solution Hydro-Alcoolique, son protocole, et l'importance que ce petit flacon me suive dans mes différents soins hospitaliers. Puis, quelques temps plus tard, j'ai vu la SHA se démocratiser au grand public, pour définitivement et pleinement s'ancrer à toute la population (hospitalier et civil) depuis la grippe H1N1.

J'en serais rester là, si je n'étais pas tomber sur l'excellent travail de Thierry Crouzet à ce sujet. Dans son ouvrage « le geste qui sauve », il transmet, entre autre, deux informations capitales : Derrière la SHA, que nous tous utilisons presque quotidiennement, se cache Pittet ; et que, cet inventeur à choisit de laisser en libre accès les formules et techniques de fabrication de la SHA.

A mes yeux, l'intérêt est double. Premièrement, démocratiser la fabrication et, en chuintant l'intermédiaire big-pharma, permettre aux pays défavorisés d'avoir accès à ce produit crucial. Deuxièmement, apporter à la problématique du désordre mondial généralisé, une solution locale et indépendante. Et, la production de la SHA démocratisé est un premier pas…