Les Connexions au Vivant

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Disclamer: Ce texte n’a d’autre ambition que de partager un témoignage personnel, une exploration introspective et sincère de ces substances ancestrales. À aucun moment il ne cherche à encourager l’usage des psychédéliques, strictement illégale en France et ailleurs, qui, malgré leur immense potentiel thérapeutique, nécessitent un cadre rigoureux, une préparation méthodique et l’accompagnement éclairé de professionnels de santé. Toute prise de ces substances, qu’elle soit expérimentale ou médicale, renferme des dangers. Une mauvaise gestion du set & setting, une incompatibilité physiologique ou psychologique, ainsi qu’un non-respect des contre-indications peuvent engendrer des conséquences graves. Ce récit est écrit dans un esprit de réduction des risques, avec la conscience que ces expériences exigent une responsabilité individuelle et une connaissance approfondie de soi.

Set & Setting: Deuxième séance psychédélique | 15g de Psilocybe Atlantis (frais) | Seul, bandeau sur les yeux, position padmasana | Fond sonore : chants Icaros | Jeûne depuis la veille, prise à 14h | Sauge blanche et copal pour purifier l'espace.

Le temps s'est courbé. A tel point que ces deux heures de voyage intérieur semblaient s'être muées en éternité. Non pas à cause d'une succession frénétique d'éléments psychiques qui auraient aspiré mon esprit, mais par un état si singulier qu'il me coupa de tout existant et suspendit le moment en un doux infini.

Contrairement à la cérémonie précédente, l'intention posée ne fut pas dirigée vers des considérations abstraites ou mystiques, mais en une volonté d'explorer les causes de mes migraines et autres tensions internes. Dès lors, je savais que la forme de celle-ci serait plus introspective.

La montée fut légère, seul mes membres inférieurs et supérieurs furent pris par les remouds éthérés, la sensation de détente et de bien-être, peu à peu, s'installait, et quelques fragiles flashs ancestraux s’effritèrent sur le rivage de ma conscience.

Le premier enseignement jaillit: "Suis ton coeur. Sois en paix". Instantanément, je sentis émerger les luttes larvées qui étaient, en moi, enracinées et combien elles me rongeaient. Je pouvais les percevoir physiquement, leur impact dans mon corps et leur portée. Vous ne verrez certainement que des mots insignifiants, car vous n'avez pas pu être les témoins de leur force, de leur action. En même temps que le mot paix résonnait, je vis, à son contact, tous les liens de ces conflits internes se dissoudre complètement. Aussitôt, je ressenti une colossale charge de sérénité prendre place. Une ineffable quiétude venait de s'installer dans tout mon corps, jusqu'à la dernière de mes cellules, dans toute ma psyché, dans tout mon Etre. Littéralement, je baignais dans une félicité sans borne, une paix intérieure séraphique. C'est précisément dans cet état que le temps ne devint qu'un vague concept, lové à un éternel moment présent en suspend. Bercé par ces courants ouateux, une vision s’imposa alors : tout autour de moi était recouvert d’or étincelant. L’espace, devenu sphérique, brillait d’une chaleur douce et apaisante.

Cette première vague s'estompa lentement, imposant son creux où le vide peut enfanter le plus glaçant des enfers. Maintenir la vacuité cérébrale et suivre les Icaros a toujours été le plus précieux des mousquetons pour me préserver de ces dangereux limbes.

Puis la sérénité revint, plus forte encore. Je me vis en vision, assis en position padmasana, enveloppé d’une aura jaune lumineuse. Cette lumière me réparait, me régénérait. Je compris alors que cet état de paix à lui seul, cet ancrage dans le présent, était un baume pour mon corps comme pour mon esprit. Un soin, une thérapie.

Après avoir traversé un deuxième nadir, les causes de mes migraines me furent révélées. Je voyais, je ressentais les "noeuds" que je me faisaient au cerveau, l'anxiété par laquelle ils naissaient et ses racines latentes. Le mécanisme m'était clairement exposé: Comment une gestion emotionnelle, mentale ou physiologique clairement dysfonctionnelle génère de l'anxiété. Comment cette anxiété tisse ces "noeuds" dans le cerveau. Et, dans ses moindres détails, comment ces derniers s'accumulent et enflent jusqu'à saturer la psyché et déborder jusqu'à frapper directement le champs physique de mon cortex, par la régulation chaotique de ses veines et artéres. Tout m'était maintenant limpide, je venais de tout comprendre, systématiquement TOUT comprendre. Avec cette révélation inouï, une joie débordante me gagnait. L'engouement était tel qu'il me pressa de le partager sans plus attendre à Denis, avant de me rappeler que j'avais 15 grammes de Psilocybe Atlantis dans le corps, que nous étions le 31 décembre, qu'il avait certainement autre chose à faire, et que sur l'instant cet empressement était tout sauf pertinent.

Le dernier enseignement, comme un épilogue, s’imposa après un troisième nadir. Une vision d’une simplicité déconcertante : moi-même, entouré de personnes. Je compris comment ma paix intérieure, ce rayonnement serein, par son ancrage, pouvait me permettre de vivre mon expérience de vie pleinement sans être entaché par quiconque, et à interagir avec les autres sans peur ni jugement. Surement, le fait de "Suivre son coeur et d'être en paix", maintenant je sais leurs interconnections et leur profondeur. Les Psilocybes Atlantis venaient de me confier le point d'arrivée, mon travail sera de construire mon chemin vers cet objectif.

L'esprit des Psilocybes, dont je n'ai eu de cesse que de ressentir l'omniprésence bienveillante et la prévenance durant mon travail avec lui, me rappela qu'il sera toujours là, à mes cotés si besoin, tel un inégalable allié. En même temps, je pouvais entrevoir mes guides me rappeler leur présence chaleureuse, avant que cette dernière vague, et tout ses effets, ne s'estompe définitivement, et que ce divin voyage ne s’achève...